Eléonore LLUNA : La femme qui a dompté la nature et transformé la survie en art de vivre

Nous avons eu le plaisir d’échanger avec une femme aux talents multiples, passionnée par la nature et l’art de survivre en milieu sauvage. Eléonore LLUNA, formatrice en survie, a réussi à faire de sa passion un métier en créant l’entreprise Time on Target. Diplômée infirmière et détentrice de nombreux autres diplômes et certifications, Eléonore a développé un parcours impressionnant dans le domaine de la survie et de l’autonomie en pleine nature.

Eléonore LLUNA en train de former un groupe pour un stage de survie

Eléonore LLUNA en train d'utiliser un réchaud Jetboil Flash à la montagne en hiver avec de la neige

Après sa participation remarquée à l’émission « Wild la course de survie » diffusée sur M6 en 2017-2018, Eléonore a continué à se former et à partager son savoir-faire avec un large public. Son entreprise, Time on Target, est devenue une référence en France pour les stages de survie et la transmission des bonnes pratiques en milieu sauvage. Entourée d’une équipe de professionnels compétents et passionnés, Eléonore offre des formations de qualité, axées sur l’autonomie, la sécurité et le respect de l’environnement.

Auteure de plusieurs ouvrages et rédactrice pour des magazines spécialisés tels que Survival Mag et Perma Gaia, Eléonore LLUNA est également une conférencière et une experte reconnue en matière d’encadrement d’expéditions, notamment en Indonésie.

Dans cette interview, Eléonore nous parlera de son parcours, de sa passion pour la nature et la survie, ainsi que des valeurs qui animent son entreprise et son équipe. Préparez-vous à plonger dans un univers fascinant et à redécouvrir le chasseur-cueilleur qui sommeille en vous !


N&S : Quel a été votre déclic pour créer ce site de formations en survie et bushcraft, et quel est l’objectif principal que vous souhaitez atteindre avec ces formations ?

Eléonore : “Je suis passionnée de vie en nature, de bivouac, de sports outdoor depuis bien bien (bien) longtemps! Il y a maintenant une dizaine d’années j’ai commencé à m’intéresser aux stages de survie qui n’étaient pas encore très développés, puis à m’inscrire (en tant que participante). J’ai vraiment adoré le concept et surtout j’y ai découvert un univers très riche de connaissances. C’est immédiatement devenu une passion dévorante et totalement complémentaire de ce que je faisais déjà. J’ai commencé à me former en parallèle de mon métier d’infirmière. Puis en 2017 j’ai rencontré Damien Lecouvey sur un tournage TV: j’étais experte en survie pour l’émission de M6 Wild et lui était consultant survie. On a accroché et à notre retour en France on a décidé de s’associer. J’ai quitté mon métier d’infirmière, passé un CQP randonnée pour pouvoir encadrer légalement, et depuis je vis de ma passion !

Damien est un ancien militaire et membre de la société des explorateurs français, il apporte un côté plus rustique, plus physique aussi parfois, et il est riche d’une énorme expérience de terrain y compris à l’étranger. De mon côté j’apporte un coté plus structuré, plus « scientifique » et très axé sur la pédagogie. Au final ça donne un équilibre plutôt pas mal !”

N&S : Parmi les différentes compétences enseignées lors de vos formations, quelles sont celles que vous considérez comme essentielles pour quiconque s’intéresse à la survie et au bushcraft ?

Eléonore : “Je dirais toutes les compétences liées à la règle des 3 de Ron Hood: assurer ses premiers secours, alerter, se chauffer (et donc démarrer un feu entre autre), s’abriter, rendre de l’eau potable et enfin s’alimenter. On peut ensuite ajouter l’orientation, la lecture de carte, et des savoirs être moins tangibles, comme les capacités d’adaptation et la rusticité.”

Abri construit par Eléonore Lluna pendant un stage de survie et Bushcraft

N&S : Comment vous assurez vous que vos formateurs sont non seulement compétents en matière de survie et de bushcraft, mais aussi pédagogues et capables de transmettre leur savoir aux participants ?

Eléonore : “Contrairement à ce qui est largement répété, il existe une législation sur l’encadrement des activités de pleine nature. Elle n’est pas spécifique à la survie, mais par extension elle s’y rapporte. Tous nos encadrants sont donc à minima détenteur d’un des diplômes suivant: CQP ARPO (randonnée de proximité et course d’orientation), DE AeM, Guide de haute montagne, BPJEPS randonnée. Nous avons aussi quelques spécialistes comme notre responsable séminaire qui a un CQP parcours acrobatique en hauteur par exemple, ça permet de diversifier les approches selon les besoins. Et au dela du diplôme, toute l’équipe est formée en interne à la pédagogie Time on Target, on se rencontre au moins 1x par an pour uniformiser les programmes et les pratiques et se tenir au courant des évolutions. En plus on propose en interne 1 formation par an assurée par un spécialiste: l’année dernière nous avons fait intervenir Joel Schuermans[1] pour une formation premiers secours en milieu isolé niveau 2, et cette année nous proposerons le niveau 3 ainsi qu’une formation spécifique sur la botanique.

Même si chacun a son approche, sa sensibilité et ses préférence, il y a une grosse base commune.”

Formateur de Time On Target en train de dispenser des conseils de survie en forêt

N&S : Pouvez-vous nous donner un aperçu du déroulement d’une formation typique que vous dispensez et de la manière dont les participants sont accompagnés tout au long du processus ?

Eléonore : “Le stage le plus plébiscité est le stage 2 jours dit « Essentiel ». En amont les participants reçoivent tous un descriptif du déroulé et des conseils sur la tenue et le matériel à prévoir. Ensuite on se retrouve le samedi matin et après un rapide tour de présentation des attentes de chacun, on vérifie le matériel. Tout est mis à disposition si besoin, cela évite les achats inutiles et permets de tester avant d’investir éventuellement. En plus niveau sécurité c’est mieux car le matériel est éprouvé par l’équipe.

Ensuite la journée est une alternance de phases de marche, où on en profite pour travailler l’orientation à tour de rôle et de phase d’ateliers pratiques. On explique les bases, les éventuels pré-requis comme la législation ou la sécurité, puis l’encadrant fait une première démonstration avant que chacun mette en pratique!

Trouver de l’eau, la filtrer, démarrer un feu, quelques noeuds, franchissement, orientation et lecture de carte, préparer son matériel et son kit de survie, monter son abri ou gérer une hypothermie, pistage… autant de notion que l’on verra durant ces deux jours. Au final c’est assez accessible physiquement, car l’accent est mis sur la pratique. Nous proposons également quelques stages dit « avancés » pour les plus motivés: attention ceux là sont réservés à des personnes réellement motivées car ils peuvent être franchement intenses.”

N&S : Quels conseils donneriez vous à quelqu’un qui souhaite se lancer dans la pratique de la survie et du bushcraft, mais ne sait pas par où commencer ?

Eléonore : “Commencer progressivement et ne pas se poser trop de question! Pour débuter, en choisissant des environnements simples et une saison douce, un terrain pas trop isolé au cas où, l’activité reste assez sécurisé. Et pour ceux qui préfèrent gagner du temps, se faire accompagner reste un excellent moyen de se former sur une durée courte à différents types de pratiques, soit auprès de professionnels de l’outdoor et des activités nature, soit auprès d’amis expérimentés!”

N&S : Avez-vous une anecdote à raconter à nos lecteurs ?

Eléonore : “Une anecdote … tropicale ! C’était lors d’un stage en Indonésie, j’encadre un groupe pour un stage de survie sur une île déserte. J’avais fait un premier repérage, et j’avais pas mal questionné les locaux en amont qui ne m’ont rien signalé de particulier. Premier « vrai » gros séjour sur place, on se rend rapidement compte que l’île déserte est belle et bien occupée… par de très nombreux varans. Les plus gros spécimen peuvent mesurer 3m. J’ai découvert à mes dépends que ces animaux sont très curieux, s’adaptent extrêmement vite, et n’ont pas peur de l’homme… après quelques jours à nous observer de loin, ils ont fini par établir leur zone de chasse sous nos hamacs. Après quelques nuits chaotiques et quelques frayeurs, on a établi une stratégie pour les éloigner et remonter les hamacs à 3m du sol pour plus de tranquillité. Ca reste une expérience forte !”


Eléonore Lluna sur un canoë

Un grand merci à Eléonore pour son temps et pour la qualité de ses réponses. Si vous voulez en savoir plus sur Eléonore voici quelques liens incontournables : 

Et si le stage de 2 jours “Essentiel” vous intéresse vous trouverez tous les renseignements ici : 


[1] : Médic pour missions & expéditions, aventurier, auteur : https://joelschuermans.com/

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